Waah 2025 : La danse initiatique de la Binah, entre héritage et vigilance

Symbole d’identité et de maturité, la danse initiatique Waah, célébrée tous les cinq ans dans la Binah, demeure un pilier du patrimoine culturel immatériel togolais. L’édition 2025 a confirmé la ferveur des initiés et l’attachement des communautés, malgré les mutations socioculturelles.
Un rite qui forge l’homme et la communauté
Dans la Binah, la danse initiatique Waah n’est pas un simple spectacle. C’est un passage, un serment silencieux qui marque la transition vers la maturité physique, morale et spirituelle.
« Danser Waah, c’est dire au monde : je suis prêt à servir ma communauté », confie un ancien gardien de la tradition.
Tous les cinq ans, le rite rassemble initiés, familles, curieux et chercheurs. Les gestes codifiés, l’endurance physique et la discipline imposée rappellent que ce n’est pas une performance ordinaire, mais une épreuve initiatique chargée de symboles.
Waah 2025 : un promesse tenue
Pour cette édition, la promesse a été tenue : ferveur, organisation, respect des codes et détermination des participants. D’un canton à un autre la rivalité physique et spirituelle force l’admiration.
Malgré la montée de nouvelles pratiques religieuses, en particulier le christianisme, qui parfois tendent à minimiser ou à remodeler les coutumes traditionnelles, Waah a conservé son authenticité.
« Ce que nous avons vu cette année, c’est la preuve que notre culture vit encore », se réjouit un chef coutumier.
Un patrimoine qui peut aussi faire vivre
Au-delà de la dimension spirituelle, Waah peut devenir une véritable opportunité économique et touristique.
Bien encadrée, elle pourrait attirer visiteurs et passionnés de cultures africaines, créant ainsi des retombées économiques pour les communautés locales.
« La décentralisation donne aux communes les moyens de valoriser leurs atouts. Waah peut être l’un des piliers de cette dynamique », explique un acteur culturel de la région.
Vigilance contre l’extravagance
Mais la préservation du rite exige vigilance. Les gardiens des us et coutumes doivent veiller à ce qu’aucune forme d’excès, d’extravagance ou de dérive mystique ne vienne ternir sa valeur.
Transformer la Waah en simple attraction ou en cérémonie à d’autres fins risquerait de lui faire perdre sa profondeur et sa dignité.
Préserver pour transmettre
En saluant la réussite éclatante de Waah 2025, un appel solennel est lancé : protéger ce rite, c’est protéger notre identité et notre mémoire collective.
Les générations futures méritent de recevoir intact ce trésor culturel, reflet de l’âme de la Binah.
D’un canton à un autre toute la préfecture de la Binah vivre au rythme de Waah 2025
Pour la rédaction: JA